Bon, je ne suis pas là pour remplacer les commentateurs des commentateurs des commentateurs… de la télévision. Etant moi-même nombriliste, je sauvegarde mon énergie pour parler de moi et un peu des autres. Donc pas de commentaires sur l’organisation de l’émission pour instaurer l’impossibilté d’un consensus progressite (pas une obligation en soi mais ici totalement exclu, c’est dommage).
Je veux faire quelques remarques sur les émeutiers ,en tout les cas, ce que j’en vois. Et je me pose bien sûr des questions.
Premier questionnement: ce n’est pas la banlieue qui se révolte: ce sont des blacks beurres, en très grande majorité des jeunes hommes. Y sont où les parents ? Elles sont où les filles ? Les turcs, les roumains ? Y sont dans la rue aussi ? Seraient-ils moins opprimés ou bien même moins pauvres. Sont-ils sastisfaits de leur sort ? Dans cet article du monde, Emmanuel Todd parle dans les termes suivant de la famille musulmane dans les banlieues françaises :
Leur violence traduit aussi la désintégration de la famille maghrébine et africaine au contact des valeurs d’égalité françaises.
Intéressant, mais cela ne répond pas à une question que je ne cesse de me poser: pourquoi les parents ne font rien? Sont-ils tout à fait d’accord avec leurs enfants qui brûlent la voiture du voisin ou la maternelle du quartier?
J’en doute. Alors quoi? Ben moi, y’a des choses qui me choquent. Par exemple, le Grand Frère. Je lui mets des majuscules partout car il m’a l’air omniscient le Grand Frère. Et si je comprends les discours actuels, le Grand Frère est instutionnalisé: il est “l’interlocuteur” de certaines institutions. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’existence des Grands Frères est intolérable, c’est tout à fait tolérable. D’ailleurs, notre société tolère tous les jours. Mais bien que tolérable, est-ce indispensable, voir tout simplement souhaitable?
Mais Sarkozi a-t-il donc raison ? Sommes-nous tout simplement laxistes ?
Il est tout à fait probable qu’au nom de grandes valeurs, nous tolérions ces situations à tort. Je vais revenir sur l’histoire du voile pour prendre un exemple. Un exemple très compliqué en fait.
Est-ce juste d’interdire le voile à l’école ? Est-ce pour ne pas être laxiste avec nos valeurs républicaines ? Avons-nous injustement traité une partie de la population française, bafoué des droits importants, parmis lesquels la liberté fondammentale des individus ?
Je vais déplacer le débat : est-ce que je trouve normal que l’on m’invite à ne pas choquer les habitants d’un pays mulsulman par mes horribles (pour eux, j’entends) pratiques occidentales (alcool, sexe, … bref de l’impur en puissance!)? Oui, je trouve cela normal de respecter les valeurs fondamentales d’un pays d’accueil que ce soit pour une semaine ou pour une vie. C’est le prix à payer de l’exil. Ni moi, ni aucun français n’en est responsable.
L’exil est une initiative personnelle ou le lourd héritage des générations qui suivent, un choix à assumer pour des familles entières parfois dans la douleur.
Contrairement au discours ambiant, favorisant les modèles étrangers de l’intégration (et ce, après les modèles étrangers de l’économie libérale cf. anglais lol), je ne rougis pas face à la situation de mon pays.
Je m’accepte, j’essaye de m’accepter, en tant que français, je n’en connais que mieux mes spécificités, mes atouts et mes limites. C’est dans cet acte conscient d’appropriation de mon identité nationnale et de mes valeurs que j’invite « l’étrangeté » à l’intégration dans mon sein. L’intégration ne doit pas être un suicide collectif dans la perte des valeurs identitaires du pays d’accueil.
Maintenant, je n’ai pas dit qu’il n’y a pas de problèmes ou que nous ne sommes responsables des problèmes des banlieues. Je pense tout à fait le contraire. Les problèmes sont graves et anciens. Nous en sommes totalement responsables, nous avions les moyens de les éviter.
Qui ne comprend pas qu’il faut distribuer les populations à intégrer (ce n’est pas sale d’intégrer si?) au sein de nos meilleures populations, de nos élites?
Malheureusement plus la peur se développe et plus cela paraît impossible.
J’imagine que les problèmes de logement à la sortie de la deuxième guerre mondiale n’ont pas favorisé la prise de conscience de créer des guettos: des guettos pour étrangers et surtout des guettos pour pauvres.
Qu’on ne se méprenne pas, tout ceci n’est pas un problème de rascisme.
Le pire racisme que je connaisse dans notre société moderne, c’est un libéralisme forcené et idiot. Les jeunes des banlieues ne sont pas exclus parce qu’on ne les écoute pas mais parce qu’il sont les laissés-pour-compte de la société capitaliste française (ou européenne ou mondiale) qui ne veut pas entendre parler de leur pauvreté. Les révoltés de banlieues sont des futurs pauvres à vie et ils ne le supporte pas. Qui le supporterait d’ailleurs, sinon par la contrainte?
Pour ceux qui vont lire ce blog au fil du temps, vous verez que je m’intéresse beaucoup au développement personnel. Je vais faire ici un parallèle évident.
Pour avancer dans la vie, il faut s’assurer de commencer aux basiques. Par exemple, impossible d’aimer les autres si l’on ne s’aime pas. Je crois qu’avec les immigrés en France c’est un peu pareil. Si il est impossible de s’aimer en tant que français, si je ne peux construire une fièreté autour de mon identité et mon pays, comment voulez-vous que j’aime y intégrer des étrangers (oui, oui étrangers!)? En résumé, aimons-nous plus fort pour espérer aimer les autres…
Pour finir, je vous invite à lire ce rapport de la documentation française qui fait le point sur la situation dans les banlieues: chomâge et statistiques diverses. A lire avant de dire de grosses conneries. Et d’ailleurs, je me suis promis de la faire! lol
Ndl: je n’ai aucune légitimité à donner un avis sur la situation dans les banlieues sinon celle d’être relativement libre de m’exprimer.
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